Némo aux abois !

Benjamin du circuit, Renaud s’est affirmé comme l’un des leaders de la course depuis le début de cette Transat 6.50 et ne cesse d’impressionner par son assiduité. Face à des conditions qui pourtant ne pardonnent pas, « l’homme pressé » comme souvent l’ont qualifié ses camarades de jeu, n’en démords pas : Ces deux derniers jours à l’approche du Pot-au-Noir on a pu déplorer bon nombre d’abandons et de la casse parmi les concurrents, c’est que la flotte était en proie aux caprices d’une ceinture intertropicale faisant barrière…

Mais le 535 loin de renoncer s’efforce de se maintenir en tête de flotte. Rigoureux et intransigeant, on le sait quand on connait le gaillard, Némo a une âme de gagnant et un esprit de compétition exacerbé. Après une négociation délicate mais réussie de l’archipel du Cap Vert, le ministe trinitain conserve dans un premier temps sa 6è position. Position qu’il cède aux abords du Pot-au-Noir, qui ne lui aura rien épargné.

En effet les conditions se sont peu à peu dégradées, et quand ce n’est pas la pétole qui ralentissait la descente de la flotte, de violents orages avec des pointes en rafale allant jusqu’à 60 nds (ont témoigné les bateaux accompagnateurs) s’abattaient sur les concurrents. Autant dire que vigilance et précaution remplaçent alors le désir de réussite…

Dans ce climat météo erratique, on a vu Run’O remonter au nord lundi, fausse frayeur qu’il nous fait ici, le 535 s’est décalé à l’ouest, allongeant sa route certes, mais à l’abri des caprices du vent. Option dangereuse qui aurait pu le desservir, mais rien ne semble à même de ralentir sa descente: Ce matin à 6h, Renaud glisse au travers dans des vents faibles, à nouveau dans les 10!

Les affres intertropicaux sont maintenant derrière lui, mais à mesure que la fatigue s’intensifie, la pression monte… Il ne reste qu’un tiers de course et tout reste à jouer, coups strétégiques? Prises de risque? Si d’habitude le passage du Pot-au-Noir laisse deviner quels seront les cinq premiers à Bahia, cette année le terrain est plus complexe: Les leaders sont proches les uns des autres et les prétentions au podium restent équivalentes…

Plus que quelques milles et Fernando de Noronha comme prochain objectif…

Chapitre III? Tactique à la côte

 

Contact Presse: Fanny Allard, fanny.allard@yahoo.fr

Renaud au pied du podium

9j 10h 6m et 10s, c’est le temps qu’a mis le 535 pour parcourir les 1100 milles séparant La Rochelle de Funchal pour finir sur une superbe quatrième place.

Renaud se dit pourtant déçu de sa performance, car il est vrai, c’est de peu qu’il rate le podium… Mais ne crachons pas dans la soupe, 4 c’est plus qu’honorable pour le jeune skipper arrivé tard dans le circuit (février 2011). Après tout c’est le propre des sportifs de n’être pas satisfait. Retour sur ce tiers de transat’

Beau départ le 25 septembre dernier dans des petits airs, Némo décolle sur les chapeaux de roue et se maintient les premiers jours dans les 5 puis les 10 premiers, mais dur dur de composer avec les caprices du vent dans le dégolfe.. Ne rien lâcher, optionner inteligemment et gérer la fatigue: »C’est quand même une course d’endurance, il y a une petite part de chance, notamment dans la pétole. Et quand le vent monte on peut voir que ce sont les plus réguliers qui mettent le charbon ».

Et régulier, le ministe l’a toujours été, ou quasiment… Il confesse s’être endormi à l’approche du Cap Finisterre, partant au nord. Option involontaire lui ayant fait perdre du temps, cela dit « c’est durant les dernières 48h que tout s’est joué! » affirme Run’O. Son décalage à l’est au large du Portugal et pendant toute la descente vers l’île de Madère s’avère payant, et petit à petit le 535 revient dans les 10, puis dans les 5… puis dans les 3!

Aie aie aie, si tous derrière nos écrans croyions vivement au podium, il en est un sur son bateau qui plus que tout le souhaitait! Mais Renaud choisit de contourner Porto Santo par l’Est, espérant ainsi éviter le dévent de l’île, seulement les abords de l’archipel sont piégeux.. et au dernier moment le vent a refusé et le 535 s’est retrouvé avec une route rallongée dans le fameux dévent.

Erreur certes, mais c’aurait pu être pire, le podium s’est joué jusque devant la Marina avec Davy Beaudart, mais de nouveau le vent a fait des siennes, mollissant, c’est Davy qui prend l’avantage.

Beau match en somme: des leçons à tirer, de la régularité et une arrivée dans les 5! Mais aussi la preuve qu’il y a du niveau chez les concurrents, ils sont bien 10 à jouer pour le podium à Bahia car comme le dit Renaud « S’il y a peu d’écart devant entre les coureurs, il y en a peu derrière aussi! Le jeu est ouvert ».

A Madère il fait beau et chaud, les 79 concurrents de la Charente-Maritime/Bahia Transat 6.50 ont bu quelques rhums à l’arrivée en refaisant la course, maintenant ils se reposent et ils visitent cette île de beauté. Némo peut se féliciter d’une préparation optimale car son bateau est intact, la vitesse est bien présente et le bonhomme aussi!

Notre navigateur trinitain est frémissant d’impatience à l’idée de repartir, on lui fait confiance pour arriver de l’autre côté mais pas que sain et sauf, en champion également!

 

Contact Presse: Fanny Allard, fanny.allard@yahoo.fr